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 Désintoxication du langage

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tubal-caïn



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MessageSujet: Re: Désintoxication du langage   Dim 21 Juil - 12:47

CONCURRENCE LIBRE ET NON FAUSSÉE.

Magie du langage : dans le projet de traité établissant une constitution pour l’Europe soumis au référendum du 29 mai 2005, « L’Union offre à ses citoyens (…) un marché intérieur où la concurrence est libre et non faussée. » (Art. I-3) Somme toute, un paradis de liberté…pour qui ?

Une « concurrence libre » signifie que l’Union – (c'est-à-dire les 25 ministres des finances) – organisent un espace ou RIEN ne doit pouvoir échapper à l’argent et au rapport marchand.
Une « concurrence libre » signifie qu’aucun pouvoir privé ne doit être empêché de s’intéresser commercialement à aucun secteur de l’activité humaine, ni à aucun bien commun universel (sports, loisirs, éducation, culture, tourisme, santé, environnement, air, eau…), qui jusque là n’étaient pas considéré comme commerciaux. Il s’agit de TOUT transformer en marchandise. Toute relation entre deux êtres humains doit pouvoir – d’une façon ou d’une autre - donner lieu à une transaction d’argent. Il n’y a plus aucun frein à l’appétit de commerce.

« Fausser la concurrence » fait penser à une mauvaise action. Mais qui sont les « faussaires » du langage ? « Fausser la concurrence » veut dire « protéger » les faibles, « Garantir » le droit des fragiles, « aider » ceux qui en ont besoin, « corriger » les inégalités, « respecter » l’environnement, « se soucier » de l’intérêt général, « offrir » des services gratuits, « assurer » une éducation gratuite, une santé gratuite…etc.
Toute l’œuvre de la civilisation humaine depuis des millénaires consiste à fausser la concurrence, c'est-à-dire à protéger le faible contre le fort, à créer du droit pour empêcher le commerce de s’approprier tout n’importe comment, à créer des services publics, à mettre des barrières aux intérêts privés au nom de l’intérêt général.

Dans une concurrence « libre et non faussée », les services mis en œuvre par la vie associative devront pouvoir entrer en concurrence avec des firmes privées, et toute subvention à cette vie associative devra disparaître. Bel avenir pour la démocratie.

Dans la constitution française, les droits fondamentaux étaient la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l’oppression. Dans la constitution européenne ce sont : La libre circulation des personnes, des services, des marchandises et des capitaux, ainsi que la liberté d'établissement… pour les firmes étrangères, sans avoir à respecter les législations sociales en vigueur (le retour discret du fameux A.M.I) (Art.I-4)

On réfléchit, on relit, on se frotte les yeux et on se dit que l’on a mal lu. Aucun être humain sensé, doté d’un cerveau en état de fonctionnement, ne peut désirer vivre dans un espace où le concurrence serait « libre » et « non faussée », c'est-à-dire où la loi de la jungle serait devenue une règle constitutionnelle, et la loi du plus fort et du plus riche s’imposeraient aux États qui n’auraient plus le droit de protéger les faibles. Aucun être humain doté d’un cerveau (et d’une mémoire) ne peut approuver ce projet néo-fasciste. Face à une Union Européenne qui réaliserait le rêve fou de l’utopie ultra libérale d’un capitalisme totalitaire à faire pâlir d’envie les Américains. Nous désirons au contraire une constitution qui s’engage à fausser la concurrence. Encore plus, qui nous explique comment elle va la fausser, en nous donnant des garanties d’application. Copie à revoir.
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tubal-caïn



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MessageSujet: Re: Désintoxication du langage   Dim 21 Juil - 12:49

LAÏCITÉ
Voilà un terme qui a subi un retournement complet. Dans la définition du Petit Larousse de 1968, on peut lire la phrase suivante : laïcité, système visant à exclure les églises de la gestion des affaires publiques. Le terme d'exclusion a ici tout son sens. Aujourd'hui, sous la définition de la laïcité, on trouvera un système visant à respecter également toutes les religions. nous sommes donc passés une vingtaine d'années d'un système de mise à distance du religieux à un système de respect universel des religions. Ceci porte pourtant un autre nom, l’œcuménisme. Confondre la laïcité avec l’œcuménisme, c'est se priver d'un outil pour tenir à distance les clergés. Une autre dérive fréquemment entendue consiste à confondre la laïcité avec la neutralité politique. Il s'agit de deux concepts totalement différents. pour désigner la vraie définition de la laïcité, dans le discours des médias ou des hommes politiques on entendra fréquemment parler de laïcité "laïcarde", que l'on verra opposer au curieux concept de "laïcité ouverte", splendide oxymore !
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tubal-caïn



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MessageSujet: Re: Désintoxication du langage   Dim 21 Juil - 12:50

LIEN SOCIAL
Au chapitre des nouveaux mensonges qui permettent de masquer la demande sécuritaire d’ordre et de soumission, l’appel au « lien social » incite à apprendre aux pauvres et aux jeunes à bien se tenir, à « jouer le jeu » et à limiter leur rébellion malgré leur absence de perspective de travail et d’avenir. Il n’existe pas de société sans lien social, mais des sociétés où l’on réprime le lien politique. Le seul lien qui fasse société est une discussion conflictuelle sur l’intérêt général, pas une pacification généralisée des rapports sociaux de domination. L’épouvantail de la désagrégation du lien social masque l’absence d’intégration par un salariat systématiquement attaqué. Il faut désormais adhérer à la société de marché plutôt que de viser un idéal d’émancipation et de changement. S’insérer en silence plutôt que de s’intégrer par la participation au conflit sur la redistribution du travail. L’absence de conflit, écrasée par le discours sur la cohésion sociale est bien plus dangereuse pour la démocratie que les conflits autour du travail. Or les pauvres sont au contraire sur-intégrés par un modèle terroriste de consommation à laquelle leurs revenus ne leur permettent pas de prétendre. Qui est le plus nuisible pour le lien social sur un quartier ? Le jeune désœuvré ou la patron de Michelin qui licencie 7.000 ouvriers et détruit 7.000 familles au plus fort de ses bénéfices boursiers ? Qui triche ? Qui joue le jeu ? Qui accepte la règle et qui la détourne ? Si le lien social est un ensemble de règles et de contraintes acceptées au nom de l’intérêt général, le rappel à la règle, sermonné par nos vertueuses associations socioéducatives au nom de la citoyenneté (droits et devoirs) semble curieusement ne s’adresser qu’aux pauvres ! Comme le proposait le philosophe Jankélévitch : « je serai toujours le gardien de tes droits, jamais le flic de tes devoirs ».



Exercice de traduction.

Les associations doivent mobiliser les énergies citoyennes pour la réparation du lien social mis en danger par les incivilités.

Les nouveaux alliés de la domination doivent faire taire la colère des victimes du libéralisme en leur faisant abandonner leurs droits et se soumettre à des devoirs sans contrepartie.
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tubal-caïn



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MessageSujet: Re: Désintoxication du langage   Dim 21 Juil - 12:53

MIXITÉ SOCIALE
Le rêve de coexistence pacifique des petites gens et des classes moyennes, celles-ci tendant la main à celles-là dans une ascension sociale inéluctable, s'est effondré avec l'autorisation politique donnée aux dirigeants d'entreprise de se comporter comme des prédateurs, à partir des années 8O. Avec la vague de déréglementation mise en œuvre par les « socialistes », le partage de richesse des années soixante (70% aux salaires et 30% au capital) a reculé (60% au salaires et 40% au capital aujourd'hui), avec une richesse qui a doublé dans le même temps. Soit un recul de 10 points en une génération, 10% de la populations interdite d'emploi et l’apparition de nouveaux riches.
Les prolétaires sont parqués dans des cités-ghettos (pas encore des camps), et la situation des quartiers est insurrectionnelle (émeutes nationales de novembre 2005). L’usage du mot " ghetto " et la référence inquiète aux États-Unis sont deux des principaux poncifs du discours sécuritaire, et plus largement de presque tous les discours consacrés aux " banlieues ". La concentration de "populations à problèmes " (c’est-à-dire de pauvres et d’immigrés) dans des territoires nommés " quartiers sensibles " est en effet présentée comme la source de tous les maux.[1] Et à ce diagnostic est souvent opposée une solution-miracle : la "mixité sociale", née en mars 1972 d’une circulaire d’Olivier Guichard, alors ministre de l’Aménagement du territoire. L'idée n'est pas de faire reculer l'inégalité en s'attaquant à l'organisation du travail dans les entreprises (renforcer le droit du travail au lieu de le détruire, cesser de défiscaliser les entreprises, enrayer les exonérations de cotisations) mais de disperser les concentration de pauvres en démolissant les cités et en n'en relogeant qu’une partie (les autres vont plus loin) ou de les « diluer »en mélangeant les classes dangereuses avec des classes moyennes sages, soumises, intégrées par le rapport salarial.

Le cynisme de cette philosophie est tellement énorme que chacun prétend ne pas le voir, et, préfère traiter le symptôme plutôt que la cause : s'il y a des pauvres, dispersons les, invitons quelques enseignants à habiter les ghettos en les culpabilisant si ils s'offusquent de quelques incivilités somme toutes bien supportables : drogue, violence, inactivité, économie parallèle, trafics pour survivre, délinquance organisée...pas un seul élu municipal n'habite les quartiers en France : messieurs les bons apôtres, donnez donc l'exemple de la mixité sociale ! Louez votre pavillon à une famille africaine et venez habiter une tour ! Et pendant que vous y êtes, faites respecter la carte scolaire, la seule mesure réellement productrice de mixité sociale en France, celle qui interdit que l'on choisisse son école ou les fréquentation de son enfant ou commencez par la respecter vous-mêmes : les élus municipaux sont les premiers à demander et à obtenir des dérogations à la mixité sociale pour leurs enfants, et Ségolène royal propose même d'abolir cette insupportable contrainte républicaine et égalitaire.

Jamais le tissu urbain ne fut structuré autrement que sous la forme d’une stratification opposant les quartiers riches et les quartiers pauvres. Aujourd’hui, le processus s’est encore aggravé, les communes qui détruisent les cités HLM investissent non dans de nouveaux logements sociaux, mais dans l’accession à la propriété. Si l’urbanisme exprime la manière de penser d’une époque, on peut s’inquiéter d’une France se dirigeant tout droit vers la division spatiale en trois ghettos : celui des riches, celui des pauvres et celui des classes moyennes.[2]

Le concept de mixité sociale ne traduit pas la volonté de mettre fin au fait qu'il y ait des pauvres et des riches, mais le fait qu'il faille les faire coexister pacifiquement. C'est une résignation qui trahit le le renoncement à combattre l'inégalité. Il s’agit bien de réaliser « une gestion harmonieuse de la misère » !

Mais il y a aussi des raisons intéressées à la discrimination. Pour beaucoup de bailleurs, la valeur du parc immobilier dépend de l’image de la cité.. qui dépend elle-même de l’image des locataires…qui dépend elle-même de l’origine géographique…etc. Pour beaucoup de municipalités, il faut freiner l’arrivée dans le logement social des populations les moins « désirables » - c'est-à-dire les familles les plus pauvres, les plus précaires, les plus nombreuses et les plus « ethniquement différentes ». Cependant les choses ne peuvent pas se dire aussi ouvertement car la sélection des locataires en fonction de leur origine reste, aux yeux de la loi, une discrimination. Il faut donc parler à mots couverts, ce que permet justement le terme de « mixité sociale ». L’union des fédérations d’organismes HLM a ainsi recommandé d’utiliser ce concept de « mixité sociale » pour motiver des refus d’attribution et ne pas risquer d’être attaqué pour discrimination.



Exercice de traduction :
« Prolétaires de tous les pays, rassemblez vous »

Prolétaires de toutes les communes : dispersez-vous !

[1] ¨Pierre Tévanian et Sylvie Tissot, 2004
[2] Hacène Belmessous : Mixité sociale : une imposture - éd. L’Atalante, 2006
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tubal-caïn



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MessageSujet: Re: Désintoxication du langage   Dim 21 Juil - 12:55

PARTICIPATION - PARTENARIAT
La démocratie participative s’oppose en principe à la démocratie représentative, mais la confusion est complète. Chaque fois que vous réclamez plus de participation, c’est en réalité plus de délégation que vous désirez : (un nouveau « conseil » de jeunes, de femmes, d’habitants, d’immigrés, d'handicapés, une nouvelle association, une nouvelle plateforme, etc…). Êtes vous favorable à l’évaluation des enseignements par les élèves eux-mêmes (et non leurs représentants) ? Non ! A celle des programmes scolaires par les enseignants eux-mêmes ? Non ! A celle des politiques de logement des OPHLM par les habitants eux-mêmes ? Non ! A la marche de l’hôpital par les infirmières elles-mêmes ? Non ! Tout le monde est pour la participation, à condition de ne participer…à rien !

Dans le nouveau système de « gouvernance » locale ou nationale, le pouvoir désigne des associations, convoquées en tant qu’expertes, chargées de représenter des intérêts particulier et de valider des décisions politiques auxquelles elles sont faussement associées. L’impression de démocratie est sauve et le pouvoir peut prétendre qu’il a consulté, associé, fait « participer », mais le pouvoir de modifier la politique définie en amont est à peu près nul ! Tout autre serait la revendication de construire de la délibération publique, contradictoire, conflictuelle, autour de la politique en cours d’élaboration, en y associant les usagers destinataires, les agents associatifs, les fonctionnaires chargés de l’appliquer, les élus politiques chargés de l’imaginer, et les simples citoyens considérés comme autre chose que des clients. Il ne s’agit pas de démocratie directe sur le mode du sondage (« ô, jeunes, que voulez-vous ? »), mais de processus longs et rigoureux, s’apparentant aux méthodes de la recherche-action ou de l’enquête sociale, associant toutes les catégories concernées par une politique publique, et permettant d’en retravailler les contradictions vers plus d’intérêt général, moins d’inégalités, etc.

"L'armée, premier partenaire des jeunes" peut on lire sur une affiche de recrutement de l'armée de terre..mais aussi les piles Machin qui sont devenues les "partenaires de nos loisirs", ou encore les associations qui osent qualifier de "partenaires" les mairies ou les services de l’État qui les financent et qui sont véritablement leurs donneurs d'ordre ! Comme l'écrit Fabrice DHUNE, il faut saluer ce coup de maître qui transforme son propre serviteur en son égal !
Le recours au partenariat fait disparaître la référence hiérarchique, et disloque complètement le rapport de domination.. Tous dans le même bateau !!! L'idée centrale est que la banalisation du terme, en opposition radicale avec le sens du principe de partenariat, sert une virtualisation de la relation, contribuant à rendre impossible la construction d'une effective relation de partenariat. La déconflictualisation des rapports sociaux qui se manifeste dans ce retournement participe tout à la fois du désenchantement de la politique (du point de vue de l'espace public), et de l'implication professionnelle (du point de vue de l'espace privé) : deux faces qui servent l'ancrage en profondeur de l'idéologie (néo)libérale sous les apparences du consensus et de l'évidence.

Exercice de traduction :
« Le conseil de participation des habitants a accueilli positivement l’embauche d’emplois-jeunes médiateurs locaux du lien social ».

Les représentants validés du pouvoir local ont fait taire les contradictions d’une mesure aussi aberrante,  anti-pédagogique et discriminatoire que celle consistant à demander sans qualification professionnelle à des immigrés de la deuxième génération de calmer les immigrés de la troisième génération pour la tranquillité du centre-ville.
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tubal-caïn



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MessageSujet: Re: Désintoxication du langage   Dim 21 Juil - 13:01

PROJET
Au hit parade des mots insoupçonnables, des aliénations merveilleusement positives ancrées au plus profond de nos convictions se tapit le plus redoutable d’entre eux : « PROJET » : le cœur de la nouvelle culture capitaliste.
Le "projet" apprend à travailler seul, à viser une production, c'est à dire à réaliser un produit. Le projet détruit le temps et le long terme. Il a un début et surtout une fin. Il est remplaçable par un autre. Pour le pouvoir, (très friand des projets) il transforme des relations politiques en relations marchandes car il permet d'acheter des prestations-produit en les déguisant en démarches. En management, "projet" remplace "hiérarchie"... Avec l’envahissement de la culture du « projet » depuis une vingtaine d’années le capitalisme révèle le cœur de son idéologie : une société qui n’a plus de projet (de transformation sociale vers plus toujours plus d’égalité)  et dont la volonté politique semble se résigner au règne de la marchandise pour cause de concurrence, de mondialisation, et d’écroulement des socialismes « réels »,  ne cesse de demander à ses citoyens (et surtout aux plus pauvres privés d’avenir)  de se projeter, de faire des projets, (des micro-projets d’adaptation). Une société qui ne se projette plus dans l’avenir mais aménage à l’infini le présent de la marchandise dans un capitalisme pour seul horizon dispense des miettes de futur  sous forme de micro-projets où chacun devient petit capitaliste de sa vie.

S’engager dans un « projet » c’est manifester son dynamisme, son esprit d’initiative, son adhésion à ce système compétitif et parcellisé…ce n’est pas critiquer, ni militer, ni douter. Le « projet humanitaire » remplace le combat politique. Il est évaluable immédiatement et remplaçable par un autre projet. Il annule le long terme et la nécessité de s’intégrer durablement à un collectif. Dans leur étude sur le « nouvel esprit du capitalisme », Eve Chiapello et Gérard Boltanski montrent que si le mot « hiérarchie », qui venait en tête des mots employés dans des ouvrages de management dans les années soixante, a complètement disparu des années quatre-vingt dix, en revanche, le hit parade contemporain du management de l’entreprise capitaliste (nombre de fois cité dans le même ouvrage) revient sans conteste à « PROJET ».

En engageant les jeunes dans des dynamiques multiples de projets, les travailleurs sociaux leur apprennent à morceler leurs désirs, leurs vies, leurs idéaux. On leur interdit de n’avoir qu’un projet qui durerait toute une vie : vocation, métier, mariage…et on les dresse à l’éphémère, à la mobilité, à l’employabilité d’eux-mêmes dans un monde présenté comme instable et qui n’a jamais été aussi stable : de la stabilité de la marchandise capitaliste pour toujours, pour tous et en tous lieux. Pratiquer une « pédagogie par projets » c’est enseigner l’adaptation au court terme, et la renonciation aux idéaux qui structurent une vie, une personne, un groupe social. Dans cette nouvelle exigence/oppression/aliénation, le perdant, l’exclu est celui qui n’est pas engageable dans un projet ou qui se montre incapable de changer de projet (celui qui se cramponne à un idéal). L’intérêt du projet est d’avoir un début et une fin (surtout une fin). Une fois celle-ci atteinte, on dissout l’équipe, sa subvention, la dynamique et on est prêt pour un tout autre nouveau projet, avec de nouvelles têtes et de nouveaux financements. On vous a déjà vu l’année dernière, vous n’allez pas vous abonner, laissez la place à d’autres et tentez votre chance ailleurs ! Sous l’intitulé de « projet », le pouvoir achète en réalité des « produits » et prépare le futur travailleur aux nouvelles règles du management libéral, de la marchandise, de la rotation des tâches et de sa propre employabilité. La pédagogie par projet, la subvention au projet, est l’apprentissage du nouveau management, de la rotation accélérée des produits et des marchandises sociales, de la précarité et de l’incertitude acceptées par avance : soyons aventureux dans un monde instable que diable, et que les faibles perdent ! Il n’y a pourtant qu’un seul « projet » qui vaille (quel autre ?) : la Révolution.


Exercice de traduction : remplacez projet par produit :
Dans les zones à redynamiser, les chefs de projets financent des projets d’habitants dans le cadre de contrats d’objectifs.

Dans les groupes sociaux à réduire au silence politique, les chefs de produits du nouveau marketing public achètent  la paix sociale des habitants en renouvelant au coup par coup leur dépendance financière au pouvoir.

PROJET PROFESSIONNEL
Tarte à la crème que l'on envoie à la figure de la personne en "demande" d'emploi (et trop souvent en demande sociale) qui n'arrive à se faire "offrir" à un employeur...
- « Votre projet d'emploi n'est pas réaliste il faut travailler votre projet professionnel, puis le valider et on en reparlera. » Sont des phrases dites par des gens qui très souvent n'avaient pas ce projet professionnel justement, et qui en auraient bien jeté des gens...s'ils leur avaient parlé de ça...comment fait un jeune en situation d'échec pour se construire un projet professionnel?

Soit il à affaire à un conseiller encore disponible, c'est à dire qui n'a pas terminé sa période d'essai, qui va d'abord le rassurer et co-construire la démarche (ça fait aussi bien que projet professionnel)
Soit il tombe face à un accro de la gestion de portefeuille qui va lui trouver une place en formation, où il sera avec d'autres jeunes en échec, où il refera des additions et puis des stages dans des boites où le comportement sera évalué ainsi que l'intérêt et les prédispositions au métier...Quelle calomnie.

Dans le meilleur des cas le "jeune" ou "objet apprenant" sort avec une vraie envie de métier, obtient une qualification, et peut-être un métier après le parcours du combattant...et dans le pire, il trouve de nouveaux marchés, voire ne termine pas le stage, voire devient père 9 mois après, voire ressort pour et c'est le plus souvent le cas, heureux de suite et déçu 6 mois après.

Bien sûr il ne faut pas cracher dans la soupe de toute cette activité économique qui existe autour de la mise en appel d'offres de cette Tarte à la Crème...N'empêche, le projet professionnel n'est-il pas une notion de riche, dans le sens « niveau de besoins déjà couverts »...Et qui à la fin de sa carrière peut dire qu'elle fut pré-objectivée par un projet professionnel.

Parler projet et utiliser cette excuse pour justifier l'absence d'accès à l'emploi...stigmatiser le Demandeur plutôt que de renvoyer à l'environnement...internaliser plutôt qu'externaliser...

Jouer au Kapo et gérer des flux plutôt que de remonter là où il le faut...penser à son sens du service dans sa pratique professionnel plutôt que de finir par penser le projet professionnel de ceux dont on est au service...
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tubal-caïn



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MessageSujet: Re: Désintoxication du langage   Dim 21 Juil - 13:05

PROXIMITÉ.
Parce que son objectif est la privatisation généralisée des services publics, sur le modèle anglo saxon, l'obsession de l'Union Européenne (à ne jamais confondre avec l'Europe) est de détruire les souverainetés nationales dans lesquelles les régulations du capitalisme avaient été inscrites. Destruction des conventions collectives au profit des accords locaux d'entreprise, démolition des échelons nationaux et mise en place des régions comme territoires concurrentiels, dislocation des ministères et administrations nationales au profit de la déconcentration et de la décentralisation afin de refiler les bébés au privé le plus rapidement possible. Et voilà l'école de proximité, l’hôpital de proximité, les services de proximité...Le tout au nom du "small is beautiful", et du rapprochement des logiques d'intervention "au plus près du citoyen" ! Sympa, non ? Manque de chance, la démocratie ne peut jamais être ni locale ni sectorielle ! La démocratie est nécessairement référée à des enjeux globaux, complexes, de nature le plus souvent internationale, en croisant les multiples questions ; C'est pour cette raison que la notion de démocratie locale est une absurdité droitière, qui réduit les sujets de la démocratie à des histoires de crottes de chien, quoiqu'on fasse. La démocratie a à voir avec le contrôle des multinationale, avec l'arrêt des politiques répressives vis à vis des immigrés, etc, etc... L'idée de la proximité est que madame Michu s'occupe des problèmes de madame Michu, qui, comme chacun le sait sont des problèmes "d'habitante" et pas de problèmes de "citoyenne". Ne l'ennuyons pas avec les politiques internationales, l'OMC, la finance, les OGM qu'elle avale dans son assiette, ou le conflit israëlo palestinien, mais proposons lui de se concentrer sur des problèmes concrets comme ceux de l'isolation des fenêtres de son HLM : joint mousse ou joint plastique : ça, c'est de la démocratie.. C'est L’inénarrable Michel Rocard qui a proféré cette absurdité monstrueuse : "la démocratie ça commence avec des problèmes de boîtes à lettres". Non, la démocratie ça FINIT dans des problèmes de boîtes à lettres. Empêchons les citoyens de s'intéresser aux enjeux et aux activités des dominants et laissons les mariner dans des problèmes de dominés. L'horreur et l'absurdité de la proximité est par exemple facile à observer dans le changement d'attitudes des associations depuis les années 70. Des milliers d'associations anciennement référées à des fédérations nationales, et qui tenaient tête aux pouvoirs locaux car elles bénéficiaient d'une protection nationale, se sont soudain retrouvées le doigt sur la couture du pantalon et le nez collé au sourire du maire pour quémander la subvention sans aucun garde fou. La proximité, c'est l'aliénation au pouvoir, c'est la dislocation des défenses et des résistances. La proximité c'est la fin des contre-pouvoir, c'est la fin de la démocratie, c'est la privatisation.
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tubal-caïn



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MessageSujet: Re: Désintoxication du langage   Dim 21 Juil - 13:12

QUALITÉ
Démarche « Qualité »
Dans le monde du travail social, sanitaire, éducatif et culturel, un Ovni étrange (et étranger) a envahi notre espace mental et institutionnel : la « démarche qualité ». Coïncidence ? Le passage du statut de l’usager à celui de client dans un espace  de moins en moins public va de pair…

Exercice de Traduction : Le centre de loisirs a adopté une démarche qualité en vue de mieux satisfaire les parents.
La direction du centre de loisirs veillera à ce qu'aucun débat de fond sur l'acte éducatif ne puisse venir perturber la relation de clientèle établie avec les parents-consommateurs.


Réservée jusqu’alors à la fabrication des aspirateurs ou autres épluches-légumes avec engagement de satisfaction du client, elle s'est peu à peu étendue aux services privés, puis – et c'est beaucoup plus grave-, aux services publics !
L'intérêt général se transforme ainsi subrepticement un marché d'intérêts privés, grâce toujours à la même manipulation du langage : qui peut être contre la « qualité » ?Y a-t-il un seul fou parmi nous qui s'opposerait à la notion de « qualité » ? ...C'est bien là le problème : Ne pouvant pas nous y opposer, nous ne pouvons pas non plus nous opposer à ce que cette démarche  importe pour l’installer dans le champ éducatif et culturel :  la marchandisation des rapports sociaux, éducatifs et culturels.

De l’égalité devant le droit à la ségrégation par l’argent
Quand le service public du téléphone, conçu pour des « usagers » dotés de droits égaux qu'il fallait garantir, se transforme en opérateurs privés de téléphonie, s'adressant désormais à des clients dotés de désirs et de pouvoirs d'achat inégaux à « satisfaire », la signification même de l'accès à l’acte de  téléphoner devient un produit, une marchandise, le support d'un profit, au détriment d'une fonction sociale à faire exister également pour tous.
Dans le champ de la jeunesse, ou du travail social et sanitaire, la « démarche qualité » transforme les jeunes en clients invités à juger (pardon – à évaluer)  la qualité du service rendu. Le projet philosophique, l'intention éducative disparaissent au profit d'une logique de prestation qui interdit l'expérimentation, le tâtonnement, le droit à l'erreur et l'échec. Elle installe des « protocoles » d'efficacité et de rationalisation des tâches qui excluent la part d'humain.
Or, il n'existe pas de processus éducatif sans droit à l'échec. La démarche qualité n'est pas seulement « axée résultat » elle est orientée « résultat positif ». Elle transforme l'obligation de moyens du travail social et sanitaire en obligation de résultat. Elle détruit donc sa propre finalité éducative, elle anéantit le sens même de l'acte éducatif.
Dans le champ du sanitaire, cette "qualité des soins" ne répond qu'à un seul objectif de marchandisation de la "sécurité des soins". Le soignant devient un opérateur de production de soins qui ne travaille plus dans un service hospitalier mais dans une unité de production de soins. Son travail consiste à appliquer des variables ajustables de tarification (les traitements) à des variables fixes de tarification (les malades) selon des grilles prédéfinies d'assemblages de variables (les maladies). Et hop, l'affaire est dans le sac! Le sourire et la gentillesse n'étant pas des variables ajustables de tarification retenues par le législateur, merci à l'avenir de vous en passer ou d'avoir les moyens personnels de vous les offrir.


Un enjeu de civilisation
Le fruit est mûr pour être cueilli par le marché privé.

Récemment imposée au domaine médico-socio-éducatif et à des pans de plus en plus importants de l’Éducation spécialisée (avec normes ISO 2002), la démarche qualité dépossède les acteurs des critères de l'évaluation de leur acte éducatif, au profit d'un management stérile qui permet de traiter l'intervention comme n'importe quelle prestation, avec les méthodes et critères de « gestion des ressources humaines » adéquats !  Quels sont ces critères ? La course effrénée dans une compétition où être le premier en dépit de toute possibilité de rencontre humaine isole chacun dans un complice renoncement à toute avancée de civilisation.

« On ne s’appuie que sur ce qui résiste » disait Sénèque. Il n'est pas de tâche plus urgente pur le monde du travail social éducatif et culturel  que de résister à  ce concept managérial.
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tubal-caïn



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MessageSujet: Re: Désintoxication du langage   Dim 21 Juil - 13:15

RESPONSABILISATION . Se responsabiliser.
Dans les années soixante-dix, (avant la contre-révolution libérale qui allait attaquer un par un tous nos droits), les associations qui travaillaient avec des jeunes voulaient les « émanciper ». Aujourd’hui on les entend plus parler que de les « responsabiliser ». Qu’est-ce à dire ?

Quand il y avait du travail pour tout le monde, il s’agissait de s’épanouir et de ne pas s’aliéner au travail. Puis la France a doublé sa richesse en 17 ans, et trois millions de chômeurs sont apparus. Le partage de cette richesse se faisait autrement. Il fallait alors apprendre à certains à abandonner des droits, à faire des efforts, à adopter la rigueur, à brader leurs retraites, à se soigner moins, à accepter de se serrer la ceinture, à accepter de perdre ce qu’ils avaient conquis pour que d’autres puissent s’enrichir encore plus vite. Se responsabiliser, pour les pauvres, c’est se soumettre à la logique de prédation des riches. Responsabiliser quelqu’un c’est l’obliger à accepter une logique qui va contre ses intérêts.

« Dominique de Villepin annonce son intention de responsabiliser les parents des enfants en grande difficulté scolaire à travers la signature d'un "contrat de responsabilité" obligatoire, sous peine d'amendes, d'une mise sous tutelle ou d'une suspension du paiement des allocations familiales » (Reuters).

L’ Union Européenne demande : « comment responsabiliser les Etats-membres pour promouvoir la compétitivité » ?

Un consultant propose : « Comment responsabiliser votre équipe et développer des comportement managériaux favorisant la cohésion d'équipe, l'autonomie et la responsabilité

« Quand on objecte au Premier ministre Balladur que la réduction des prélèvements obligatoires se traduira forcément par un recours volontaire à des assurances complémentaires, il répond que c'est bien ce dont il s'agit : responsabiliser le citoyen en lui laissant le soin d'arbitrer entre différents types de dépenses ». (L’expansion)

« Dans un entretien accordé au Journal du Dimanche, le premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, a fait savoir que, lors de chaque consultation, le patient devra mettre de sa poche « un ou deux euros ». Cette mesure a pour but de responsabiliser les Français ». (Le journal du dimanche).

Pourtant, les 22 milliards d’euros non reversés à la sécu par les entreprises couvriraient largement les 11 milliards de déficits pour lesquels on demande aux malades de se responsabiliser et les exonérations de cotisations patronales couvrent largement le trou de l’assurance chômage.
Le discours de la responsabilisation est obscène. Il consiste à faire peser sur les individus la responsabilité des comportements prédateurs des classes dirigeantes. Aucun éducateur digne de ce nom ne devrait aujourd’hui entonner ce refrain.

Exercice de traduction :
Les jeunes doivent se responsabiliser et rentrer dans des logiques d’insertion sociale et professionnelle.

Les jeunes à qui l’école a promis un avenir mais qui n’en ont aucun, doivent se taire et accepter des emplois déqualifiés dont un chien ne voudrait pas.
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tubal-caïn



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MessageSujet: Re: Désintoxication du langage   Dim 21 Juil - 13:17

REFORME
Formellement, une réforme pourrait être n'importe quel changement. Par exemple : plus de profs, ou le doublement du budget de la santé, ou une augmentation massive du SMIC, etc...voilà des réformes. Pourtant nous avons intégré que le mot réforme signifie un recul, une perte, une diminution, et seulement cela. Une réforme ne va plus que dans un seul sens : MOINS. Alain Bihr, dans son ouvrage intitulé "la novlangue néo libérale" explique que le langage politique utilise l'inversion de sens à tour de bras : en fait, réforme veut dire stagnation. "Changement" veut dire immobilisme et même recul...on est en plein dans Orwell quand le ministère de la guerre s'appelait le ministère de la paix. On sait désormais, intuitivement, que quand Sarkozy (ou un de ses clones socialistes) nous parle de réforme, il faut entendre contre-réforme.
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tubal-caïn



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MessageSujet: Re: Désintoxication du langage   Dim 21 Juil - 13:18

RÉUSSITE
Le rôle de l'école n'est pas de fabriquer de la réussite, mais de fabriquer tout autant de l'échec. Un enseignant qui ne fabriquerait que de la réussite, c'est à dire dont tous les élèves auraient de bonnes notes , serait immédiatement suspect de ne pas faire son boulot qui est précisément de fabriquer un tiers de bons, un tiers de moyens et un tiers de mauvais. (Voir articles sur la constante macabre) De ce point de vue le concept de "réussite éducative" est une vaste blague. Dernière en date, dans le politiquement correct de cette institution, il n'y a plus d'échec scolaire à l'éducation nationale, il n'y a plus que de la "réussite différée" On nous prend vraiment pour des lapins de trois semaines !
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tubal-caïn



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MessageSujet: Re: Désintoxication du langage   Dim 21 Juil - 13:19

SOLIDARITÉ
La contradiction entre le « tout-liberté » à l’américaine (sans l’égalité), et le tout-égalité à la soviétique (sans la liberté), tente de se résoudre en France dans la présence de droits collectifs qui s’expriment dans la triangulation républicaine liberté – égalité –Fraternité. Du point de vue des républicains, l’idée de la fraternité signale qu’on ne se choisit pas, mais que l’on fait partie d’une société, (et non d’une communauté), comme dans une famille où l’on ne demande pas à un frère s’il veut bien avoir l’obligeance d’être « solidaire » de ses autres frères et sœurs.
Au contraire, le modèle anglo-saxon de la liberté, toute la liberté, rien que la liberté s’oppose à l’imposition de droits collectifs qui sont vécus comme des freins insupportables à la logique du contrat libre entre les individus. Dans ce modèle, par exemple, l’éducation n’est pas un droit collectif, mais une simple rencontre entre une offre privée d’éducation est une demande privée d’éducation. Elle peut donc faire l’objet d’un commerce.

La solidarité suppose le registre du volontariat. Nul n’est obligé d’être solidaire. Il s’agit essentiellement d’une attitude individuelle, proche de la charité. La fraternité en revanche impose le principe de droits collectifs, ou si l’on veut d’une « solidarité obligatoire », imposée, non volontaire, non libre et non négociable.
Or ce vieux terme de la gauche ouvrière, la « solidarité », est aujourd’hui récupéré par la droite et détourné de son sens. L’intérêt de la manœuvre est de culpabiliser la victime et la société civile. Si les choses vont si mal, c’est du fait d’un manque de solidarité entre les gens (donc entre les victimes de l’exploitation elles-mêmes). Les gens sont devenus si «individualistes » ma brave dame ! nous répète sans fin un système qui a tout fait pour casser les organisations collectives. Le patron de Michelin qui licencie 7000 ouvriers l’année de ses bénéfices record n’est pas un « individualiste », lui !
Dernier forfait en date de cette escroquerie intellectuelle, la journée de la solidarité avec les personnes âgées. Après avoir défiscalisé à mort les patrons, exempté les entreprises de cotisations sociales (pour les vieux, donc…), le gouvernement demande aux travailleurs de rendre une journée fériée à la Pentecôte et d’augmenter d’une journée de travail les profits des entrepreneurs.
L’appel incessant à la solidarité, thème faussement généreux, vise à détruire le sentiment d’un destin commun encadré par des droits collectifs, au profit d’une philosophie du contrat dans laquelle on fait appel à l’engagement sélectif des uns au profit des autres. A cette philosophie correspond la montée de l’humanitaire comme corollaire à l’effondrement du politique. Il s’opère alors un transfert de responsabilités de l’État vers la société civile : la puissance publique qui détruit les garanties sociales, le droit du travail, qui prône une politique monétaire, qui fait flamber la bourse et qui défiscalise les entreprise, encourage dans le même temps une « économie solidaire » qui confie aux associations le soin de réparer les dégâts de ses choix politico- économiques.
Quand j’entends le mot « solidarité », je sors mon code du travail !
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